Destination

La côte d’Albâtre : Étretat, Fécamp et les falaises

Falaises de craie, arches sculptées par la mer, jardins suspendus et villages de pierre : la côte d’Albâtre est l’une des plus spectaculaires de France. Où marcher, quoi voir et comment s’y loger.

La rédaction · · 4 min de lecture

Falaises de craie blanche d’Étretat avec l’arche naturelle et l’Aiguille

Cent kilomètres de craie

Entre Le Havre et Le Tréport, la côte d’Albâtre aligne ses falaises de craie blanche, hautes parfois de plus de cent mètres, découpées par des valleuses, ces petites vallées suspendues qui descendent vers la mer. Les galets roulent sous les vagues, l’eau passe du gris au turquoise selon la lumière, et les champs viennent s’arrêter au bord du vide. C’est un paysage qui se parcourt à pied, sans hâte.

Étretat, le site emblématique

Les falaises d’Étretat, avec leurs arches, leur aiguille et leurs fines arêtes, ont inspiré des générations de peintres, de Courbet à Monet, et un romancier, Maurice Leblanc, qui en fit le décor d’une aventure d’Arsène Lupin, L’Aiguille creuse. On peut visiter la maison de l’auteur, désormais musée.

  • La falaise d’Aval, à gauche de la plage, avec sa grande porte naturelle, est la plus célèbre. Un sentier la longe jusqu’à un point de vue spectaculaire.
  • La falaise d’Amont, à droite, porte une petite chapelle et un monument à Nungesser et Coli, les aviateurs de l’Oiseau blanc, disparus en 1927. On y trouve aussi des jardins contemporains.
  • La ville elle-même, avec ses halles en bois et ses maisons de style normand, mérite une flânerie, en dehors des heures d’affluence.

Précaution importante : la craie s’éboule. Ne marchez jamais au pied des falaises et consultez les horaires des marées : l’eau remonte vite, et certains passages sont piégeux.

Fécamp, port et abbaye

À une vingtaine de kilomètres, Fécamp est une ville portuaire et ancienne cité religieuse. L’abbatiale de la Trinité abrite une relique précieuse, et le palais Bénédictine, bâtiment néo-gothique extravagant, raconte l’histoire d’une liqueur née ici. La plage de galets et la jetée donnent à la ville une atmosphère maritime plus authentique et moins fréquentée qu’Étretat.

Varengeville-sur-Mer et ses jardins

Plus au nord, Varengeville-sur-Mer est un village de falaises et de bois. L’église Saint-Valery, face à la mer, conserve des vitraux de Georges Braque, qui repose dans le petit cimetière marin voisin. Le parc du Bois des Moutiers, jardin de rhododendrons et de fleurs entourant une villa signée par un grand architecte britannique, est un enchantement au printemps. Le manoir d’Ango, Renaissance et discret, complète le décor.

Veules-les-Roses, la plus petite rivière de France

Ce village de silex, de chaume et de colombages doit son charme à la Veules, un fleuve de moins de deux kilomètres qui traverse ses jardins et se jette dans la Manche. On y cultive du cresson dans des bassins, et on y mange, en saison, des soupes et des salades qui en font l’éloge. Les ruelles, les moulins et les roseraies donnent une impression de décor de conte.

Un week-end entre falaises et villages

Samedi. Étretat à l’ouverture, avant la foule : la falaise d’Aval le matin, un café sur la plage, puis la falaise d’Amont et ses jardins en début d’après-midi. Fin de journée à Fécamp, au bord du port, pour un dîner de poisson.

Dimanche. Varengeville-sur-Mer le matin, pour ses jardins et son église face à la mer, puis déjeuner à Veules-les-Roses, au bord de la rivière. Retour par les petites routes, avec un arrêt dans une ferme qui vend du cidre ou des fromages.

Dormir sur la côte d’Albâtre

On trouve dans l’arrière-pays des maisons de pierre et de silex, des fermes à colombages et des manoirs entourés de jardins clos de murs. Beaucoup offrent un petit-déjeuner de produits normands : pain, beurre, crème, confitures, pommes, cidre, parfois des gâteaux au caramel. Avec une chambre qui donne sur un verger ou une prairie, on trouve un calme tout normand.

Conseils pratiques

  • Marcher : le sentier du littoral est superbe mais accidenté. Prévoyez des chaussures de marche.
  • Choisir la saison : mai, juin et septembre offrent un bon compromis ; l’été est très fréquenté, l’hiver peu pratiqué mais saisissant.
  • Éviter la foule : à Étretat, arrivez avant 10 heures ou après 17 heures.
  • Se déplacer : une voiture est utile, mais les villages se découvrent aussi à vélo, grâce à une véloroute qui longe la côte.

Pour prolonger votre séjour vers l’ouest, lisez notre article sur Honfleur et la côte Fleurie.

À lire aussi