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Le Luberon, de village en village et de maison en maison

Trois jours pour traverser le Luberon sans courir : où poser ses valises, comment rythmer ses journées et ce qu’il faut regarder dans une maison d’hôtes pour que le séjour ait du relief.

La rédaction · · 5 min de lecture

Vallée du Luberon, vignes et village perché au loin

Un territoire à traverser lentement

Le Luberon ne tient pas dans une carte postale. Entre la montagne qui lui donne son nom et la vallée de la Durance, le Parc naturel régional aligne des villages de pierre claire, des vignes, des vergers de cerisiers et des routes bordées de platanes. On y vient pour la lumière, on y reste pour le rythme : celui d’un marché qui se termine à midi, d’une terrasse où l’on ne se presse pas, d’une maison dont les murs épais gardent la fraîcheur.

Le piège classique est de vouloir tout voir. Le Luberon se découvre mieux avec trois ou quatre haltes par jour qu’avec dix arrêts photo, et c’est précisément ce que permet une chambre d’hôtes bien choisie : un point de chute où l’on rentre sans avoir regardé sa montre.

Choisir sa base avant de choisir ses villages

Le territoire s’étire sur près de soixante kilomètres, et le trajet entre deux villages prend plus de temps qu’on ne l’imagine sur une carte. Trois bases fonctionnent bien :

  • Le nord, autour de Gordes et de Roussillon. C’est le Luberon des falaises d’ocre et des villages accrochés aux collines. Très beau, très fréquenté en été : mieux vaut loger un peu à l’écart, dans la campagne de Goult ou de Joucas, et arriver tôt dans les villages.
  • Apt et ses environs. La petite ville, son grand marché du samedi matin et sa position centrale en font une base pratique pour rayonner dans les deux sens.
  • Le sud, autour de Lourmarin et de Cucuron. Plus vert, plus boisé, avec des villages plus calmes. Comptez entre quarante-cinq minutes et une heure de route pour rejoindre Gordes.

Trois jours, sans courir

Jour 1 : Gordes, Sénanque et Roussillon. Arrivez à Gordes avant l’ouverture des boutiques (nos conseils pour Gordes au petit matin y sont consacrés), puis descendez vers l’abbaye de Sénanque, dans son vallon. L’après-midi appartient à Roussillon, dont les maisons passent du jaune au rouge selon l’heure, et à son sentier des ocres.

Maisons de Roussillon aux teintes d’ocreBorie de pierre sèche dans un champ de Provence
Les ocres de Roussillon et une borie de pierre sèche : deux visages du Luberon, à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Jour 2 : les villages de la face nord. Ménerbes, Lacoste, Bonnieux : trois villages perchés qui se regardent depuis leurs collines, de quoi remplir la journée avec une marche entre deux (voir nos cinq villages du Luberon où prendre le temps). Le Pont Julien, sur la route, mérite l’arrêt : il enjambe le Calavon depuis l’Antiquité.

Jour 3 : le versant sud. Lourmarin et son château Renaissance, le marché du vendredi matin, puis Cucuron et son bassin cerné de platanes. Une façon douce de finir : un déjeuner long, une promenade, aucune visite obligatoire.

La maison compte autant que le village

Dans le Luberon, on dort dans des mas, des bastides ou de vieilles maisons de village, et la différence se sent dès le premier soir. Quelques points qui comptent plus qu’on ne le pense :

  • Les murs et les volets. Une maison en pierre bien conçue reste fraîche en juillet. Vérifiez que les volets ferment réellement, et qu’il existe un plan B pour les nuits chaudes (ventilateur, climatisation discrète).
  • L’ombre. Une terrasse ombragée vaut mieux qu’une piscine sans arbre. Regardez les photos pour repérer platanes, tilleuls et pergolas.
  • Le calme. Les routes du Luberon sont étroites, mais certaines maisons donnent sur des axes passants. Posez la question à l’hôte.
  • Le petit-déjeuner. Servi dehors, avec du pain frais, des fruits de saison et des confitures maison, il change la façon d’entamer chaque journée.

Pour aller plus loin, lisez notre guide pour dormir dans une bastide et nos conseils pour bien choisir une chambre d’hôtes.

Que goûter dans le Luberon

La table fait partie du voyage, et elle suit les saisons. De mai à juin, ce sont les cerises, qui donnent aux vergers du versant sud leur silhouette de printemps. L’été apporte les melons de Cavaillon, les tomates et les abricots. L’automne, les raisins et les premières olives. L’hiver, la truffe, que l’on cherche autour d’Apt et que l’on achète sur les marchés.

Côté boisson, les vins de l’appellation Luberon, rouges, rosés et blancs, se dégustent dans des caves de village ou dans des domaines qui accueillent sur rendez-vous. Dans une maison d’hôtes, demandez à votre hôte de vous indiquer ses producteurs préférés : c’est souvent la meilleure façon de goûter sans tomber dans les adresses trop touristiques.

Bouger : à pied, à vélo, en voiture

Le Luberon ne se parcourt pas qu’au volant. Quelques idées pour varier les rythmes :

  • Les ocres. À Roussillon, un sentier balisé court entre les falaises rouges et jaunes, avec une boucle courte à la portée de tous. Plus à l’est, le Colorado provençal, à Rustrel, offre un autre décor d’anciennes carrières d’ocre.
  • Le vélo. La véloroute du Calavon emprunte une ancienne voie ferrée et traverse la vallée à l’écart des routes les plus fréquentées. Le vélo à assistance électrique, que l’on peut louer sur place, rend les côtes plus douces.
  • La grande randonnée. Le massif du Grand Luberon culmine au Mourre Nègre, à un peu plus de mille mètres. Partez tôt, emportez de l’eau, et vérifiez les conditions d’accès en été.
  • La forêt de cèdres, près de Bonnieux, pour une promenade à l’ombre aux heures chaudes.

Avant de partir

  • La voiture est indispensable. Les transports publics desservent mal les villages. Garez-vous à l’entrée plutôt que de tourner dans des ruelles étroites.
  • Réservez tôt pour juillet et août, et pour la saison de la lavande.
  • Le mistral peut souffler plusieurs jours : prévoyez des activités à l’abri, comme un musée ou une cave.
  • Feux de forêt : en été, l’accès aux massifs est réglementé et parfois interdit. Consultez les informations de la préfecture avant toute randonnée.
  • La bonne période dépend de vos envies : nous en parlons dans quand partir en Provence.

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